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Aviron Bayonnais histoire

Un jour, un objet #15

Les couleurs de l’Aviron Bayonnais

Dans une précédente newsletter nous avions évoqué la fierté des Bayonnais de porter les couleurs bleu et blanc. Et tous les chants entendus au stade ou aux arènes, ou encore dans les rues pendant les fêtes de Bayonne, rappellent à l’envi ces couleurs, le bleu et le blanc. Ces couleurs, au demeurant bien assorties, sont partout. Mais qui s’est déjà interrogé sérieusement sur leur origine. Pourquoi le bleu, pourquoi le blanc ?

Autant le dire tout de suite, malgré la déception qui pourra naître chez les « Avironnards », aucune preuve, aucun texte officiel émanant du club, aucune trace formelle, aucune délibération n’attestent l’origine de ce choix, pourtant fondateur. Ni Claude Duhau, ni Manuel Castiella, ni Maurice Celhay, tous historiens du club, n’avancent la moindre idée sérieuse sur le sujet. Dans un petit recueil au ton plein d’humour publié tout récemment (Atlantica 2021), Gorka Robles à qui rien n’échappe s’agissant de l’histoire (grande ou petite…) de Bayonne et des Bayonnais, se démarque et se risque à émettre une idée originale que lui aurait soufflée la famille Forgues : le ciel et blanc rappelleraient les couleurs de la Vierge Marie ! Non seulement originale, cette option est surprenante même si la source familiale (Forgues) pourrait en garantir l’authenticité. A une époque où dominaient dans un milieu sociologique urbain des idées anticléricales et où les cercles franc-maçons étaient actifs, ce choix peut surprendre. Pour ma part, je n’y adhère pas. Gorka lui-même est-il convaincu, alors que sur la couverture de son ouvrage sa présentation se termine par ces mots empreints de sagesse : « Et tout cela sera la vérité… ou pas » !

Pourtant ces couleurs sont déjà présentes sur les tenues dès les premières photos (1904/1905 pour les rameurs, 1906 pour les joueurs de rugby) détenues dans les archives du club. Alors, avant de laisser notre riche imagination s’élancer dans des hypothèses bien improbables, revenons à l’essentiel et gardons à l’esprit que le club s’est créé sur une rupture et, par ailleurs, qu’il ne rassemblait à l’origine que des rameurs. La rupture consommée avec la Société nautique de Bayonne d’une part, et, d’autre part, la caractéristique des fondateurs, tous rameurs, ont eu nécessairement une influence sur le choix.

Les rameurs de la « Nautique » étaient vêtus dès l’origine de tenues noires. Nul doute que nos rameurs, lors de leurs premières régates, devaient porter quant à eux des maillots blancs, par simple volonté d’ opposition à l’égard de leur ancien club. Ensuite, nos rameurs, épris de liberté, ont certainement trouvé un peu simple et terne de se vêtir ainsi de blanc de la tête aux pieds. Oui, mais avec quelle autre couleur marier le blanc ?

Si vraiment aucune source sérieuse sur laquelle s’appuyer n’est reconnue, en revanche certains auteurs (mais peu au demeurant) se sont risqués à donner quelques explications qui semblent très plausibles. Claude Duhau dans son histoire de l’Aviron Bayonnais (éditions C. Mendiboure 1968) choisit le registre du lyrisme et de la poésie en parlant de « couleurs d’azur et d’argent ». Philippe Ducasse, alors président du club, imagine dans sa préface de l’ouvrage édité pour le centenaire (éditions Atlantica 2004) « le bleu de la Nive, le blanc de l’écume sur l’étrave des yoles ». Nous avons là un début d’explication, même en l’absence de certitude. Mais qui peut sincèrement se vanter d’avoir vu un jour la Nive se parer de bleu ? Sylvie Lauduique-Harnez, dans son charmant ouvrage « Pourquoi le ballon de rugby est-il ovale ? Et 270 autres autres questions intrigantes sur le sport » donne une explication plus réaliste  : « les couleurs bleu ciel et blanc rappellent l’écume marine dans le bleu du ciel ». Pour qui a pratiqué quelque peu l’aviron, et en particulier pour le barreur, il s’agit là d’une vision très réaliste. Maurice Celhay, certainement le meilleur connaisseur du club semble bien se ranger à cette hypothèse en parlant dans son ouvrage « Quand je portais le maillot bleu et blanc » d ‘une « féerie d’écume et d’azur ». Alors gardons et préservons cette belle image de ciel (pour le bleu) et d’écume (pour le blanc), d’autant que cela correspond au positionnement sur le maillot ! Mais cela bien sûr n’engage que moi.

Bernard Béhotéguy

Par Nicolas Gréno

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